Travaux Académiques Mutualisés SVT Amiens

Le numérique peut-il apporter une plus-value dans la différenciation pédagogique ?

 Contexte de l’expérimentation

Un groupe de 4 enseignants de l’académie, Angélique Bodin, Nicolas Declochez, Frédéric Massines et Magali Lanaud ont réalisé durant l’année scolaire 2017-2018 une expérimentation dans leurs classes sur la différenciation pédagogique par le numérique.

Nous avons cherché à savoir quels outils numériques pouvaient apporter une réelle plus-value dans une différenciation en classe.
Lors d’une première étape, nous avons observé les classes choisies afin d’identifier la nature de l’hétérogénéité dans les groupes et donc les besoins de différenciation.
En fonction de ces observations chaque membre du groupe s’est focalisé sur un contexte de différenciation particulier et sur quelques outils numériques choisis.

Niveau

Hétérogénéité constatée

Expérimentation

Seconde

Compréhension des enjeux d’une activité pratique

Décalage de la phase d’ancrage à la séance en amont, évaluation de la compréhension des stratégies par Plickers et aide différenciée numérique via l’ENT entre les deux séances.
Versus
Explications personnalisées en fonction des sollicitations des élèves et des difficultés observées

4ème

Construction d’un texte argumentatif

Travail en groupes sur les capacités d’argumentation avec framapad
Versus
sur poster

4ème

Extraction d’informations

Documents sur padlet
Versus
Corpus documentaire papier

4ème

Compréhension de la mitose

Maquette numérique de mitose manipulable
Versus
Maquette physique

6ème

Réalisation de graphiques

Aides méthodologiques proposées en animations powtoon
Versus
Aide papier et orale

 Conclusion générale de l’expérimentation

La première impression qui se dégage de l’analyse des 4 synthèses réalisées est la lourdeur de la mise en œuvre d’une séance où la différenciation est proposée de façon numérique : Conception de vidéos Powtoon, inscription de chaque élève sur framapad, mise en route des ordinateurs en début de séance, faible bande passante rendant l’accès de tous les élèves en même temps aux ressources délicat. Ce constat renforce l’idée d’une nécessaire mise en commun des outils créés.

Chacune des expériences, même si les faibles effectifs impliqués ne permettent pas de conclusions définitives, dégage néanmoins des tendances.
• L’utilisation de framapad ne semble pas apporter une plus-value autre que motivationnelle au travail sur l’argumentation.
• Les ressources présentées sous forme de padlet semblent bien adaptées aux modalités de recherche des élèves. Dans les deux scénarios testant cet outil, les élèves ont plus facilement trouvé l’information utile.
• L’utilisation de vidéos méthodologiques avec powtoon semble une modalité efficace. Les élèves l’ayant testé ont pu revenir plusieurs fois sur de courts moments des vidéos et l’aspect plus général des vidéos leur a permis de réinvestir plus facilement la méthodologie dans de nouveaux contextes.
• La modélisation haptique de phénomènes abstraits semble de loin préférable à la même modélisation proposée sur support informatique.
• Le scénario proposant une aide individualisée entre deux séances s’est heurté à une faible implication des élèves à la maison. Malgré la facilité d’utilisation des ENT en lycée, il apparaît que les élèves en profitent peu. On peut soit imaginer de renforcer leur usage par une utilisation plus fréquente par plusieurs professeurs d’une même classe pour rendre le procédé habituel, soit placer l’utilisation de ces aides à l’intérieur des séances. On note cependant que pour les quelques élèves ayant su profiter du dispositif la plus-value semble réelle.

Le groupe s’est lancé dans ces différentes expérimentations sans préjugés sur les résultats possibles. Le caractère nuancé des résultats invite à garder cette neutralité face aux outils disponibles et à expérimenter chacun d’entre eux dans différents contextes d’enseignement.

  • M. Carosone IA-IPR de Sciences de la vie et de la Terre
  • M. Thebault IA-IPR de Sciences de la vie et de la Terre