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Sciences de la Vie et de la Terre

Pour l'école de la confiance

Sommaire

COLLÈGE - Niveau quatrième

Extraction d’informations

Classiquement on observe une disparité dans les groupes classes sur la capacité à extraire de l’information dans un volume important de données.
Plusieurs sous compétences sont en fait mises en jeu. Il faut pouvoir lire assez rapidement pour faire le tour des documents, identifier les informations authentiques (sources fiables), extraire les informations pertinentes par rapport au sujet, les organiser pour répondre à la commande.

Thème du programme

Mettre en relation un phénomène naturel (aléa) avec les enjeux présents sur une zone géographique déterminée, leur vulnérabilité et ainsi identifier et caractériser un risque.
• Identifier des mesures de prévention, de protection, d’adaptation ou d’atténuation en relation avec un risque.

• Expliquer ces mesures et argumenter des choix de comportements individuel et collectif responsables en matière de risque naturel.

 

Place dans la progression

Cette séquence fait suite aux chapitres sur les phénomènes géologiques (séismes et volcans) et sur les plaques lithosphériques. Dans la programmation de cycle, les risques ont déjà été abordés en classe de 5ème sur des aspects météorologiques.

La séquence se place ici.

 

Séance Différenciation

Dans les deux classes, les élèves sont invités à construire une affiche (production unique et commune), en groupes, pour informer une population sur les risques d’un volcan ou d’une zone sismique et les consignes à suivre en cas d’éruption ou de séisme. Le corpus de documents est le même dans les deux cas et est didactisé pour du collège. On le choisit assez large avec des documents avec plus ou moins d’informations utiles.
Lors d’une première phase individuelle silencieuse, tous les élèves prennent connaissance de tous les documents (avec le même volume de documents, de même valeur et de même difficulté).
Les élèves, accompagnés de l’enseignant, vont construire un cahier des charges précis de ce qu’ils devront produire : taille du document, nature des phrases, informations à apporter…
A la fin de cette première phase on forme les groupes pour la sélection des informations pertinentes et la réalisation du poster.

 

Séance TRAAM

Classe témoin sans numérique (2 classes de 49 élèves)

Les élèves travaillent sur un corpus de documents papier. 
L’enseignant s’assure de la bonne compréhension par chacun et regroupe les élèves qui montrent des difficultés de lecture sur une table d’appui. Les autres extraient de façon autonome les informations dans un écrit intermédiaire.

L’évaluation de la compréhension des documents à la fin de cette première partie est réalisée par un QCM papier.

 

Classe cobaye avec numérique (2 classes de 47 élèves)

Le groupe test travaille sur des supports numériques, où les mots ou phrases qui peuvent poser problème apparaissent en lien hypertexte ouvrant une bulle d’explicitation. On peut aisément quantifier le nombre de liens ouverts par le changement de couleur du lien. L’évaluation de la compréhension se fait par un QCM en ligne.

 

Définition de la plus value

Dans les 4 classes testées :

  • Il y aura le même volume de ressources.
  • Les ressources auront la même valeur scientifique.

Nous recherchons ici à savoir si le numérique va apporter une plus-value :

  • sur la qualité des ressources
  • sur l’autonomie des élèves face à des nouveaux documents

sur la logistique : en quoi cela va libérer l’enseignant ?

Evaluation de l’apport du numérique dans la différenciation

Évaluation de l’aide fournie :
Version non numérique : quantité et nature de l’aide fournie aux élèves réuni à la table d’appui. Quantité d’aide apportée.
Version numérique : quantification du nombre de liens ouverts par le changement de couleur du lien. Quantité d’aide apportée.

Évaluation de la compréhension des documents fournis par QCM (réalisé depuis pronote).

 

Et après

Identifier des groupes d’élèves en difficultés (identifier les documents validés par les institutions, sélectionner les informations utiles dans un document) dans le but d’une remédiation avec l’enseignant ou le professeur documentaliste.

 

 II. MISE EN ŒUVRE DU SCÉNARIO PÉDAGOGIQUE

 A. Préparation de la séance en amont par l’enseignant : les ressources fournies aux élèves

L’enseignant doit pour chaque groupe d’élèves constituer un dossier pour un volcan. Ce dossier sera composé :
• D’une lettre mission de mission qui termine le rôle de chaque élève dans un groupe.

Lettre de mission des élèves format PDF - 67.6 ko

• D’une photographie du volcan.
• D’une carte de localisation de la zone géographique faisant apparaître les agglomérations et le volcan et d’une carte de localisation de la zone géographique faisant apparaître l’occupation géographique Humaine.
• Une feuille A3 et des feuilles de couleurs pour réaliser l’affiche.
Les élèves auront accès à leurs cours.
Il y aura en tout 5 volcans qui seront étudiés par toute la classe : le Vésuve, la Soufrière, le Mont Rainier, la Montagne Pelée et le Piton de la Fournaise. Ces exemples ont été choisi par l’enseignant.

  • Pour les classes avec numérique
    Construction d’une sitographie sur un « padlet »
Sitographie format PDF - 60.6 ko

o Une colonne commune pour chaque groupe : Risques et prévention
o Une colonne avec un ensemble de liens proposés aux élèves : localisation géographique (google maps), moyen de prévention et de surveillance, un exemple de catastrophe.
o Les élèves auront accès à wikipedia

Il y a un gain de temps réel pour l’enseignant par rapport au travail demandé

  • pour la classe sans numérique.
    Pour les classes sans numérique
    L’enseignant distribue un dossier avec un ensemble de ressources papiers sélectionnées qui sont tirées de sites internet (textes et photos). Ce dossier est constitué de différentes fiches imprimées et reliées entre elles. Avec à chaque fois un titre clair et compréhensible (sans les artéfacts des sites : pages publicitaires, boutons de navigation, adresse internet).

Un long travail d’épuration des textes a été fait pour éviter un trop grand nombre de pages et de texte. Les images sur les sites ont été conservés.

Le travail en amont a été conséquent pour l’enseignant.

Un dictionnaire et un livre de SVT pour les mots complexes sont distribués pour chaque groupe d’élèves.

 III. DISCUSSION

 A. Ressenti du professeur sur le déroulement des séances TRAAM

Les séances dans les classes se sont bien déroulées, les élèves ont été coopératifs et actifs.

• Séance préliminaire
Les élèves ont terminé le chapitre sur la tectonique des plaques, sur les volcans et les séismes.
• Séance 1 : mise en place du travail commun aux groupes avec ou sans numériques.

Les élèves sont regroupés en groupe de 4-5 élèves. Les groupes sont d’un niveau de compétence très hétérogène. Ils sont déterminés par l’enseignant selon leur niveau de compétences.

L’enseignant leur distribue leur lettre de mission (annexe 1). Il y a une lecture commune et une explication de la répartition des tâches.
L’enseignant explique le rôle possible de chacun pour se répartir, une organisation du travail (séance 1 recherche et répartition des rôles, séance 2 : écriture au brouillon, séance 3 : finalisation)

• Points de vigilance à apporter lors du déroulement des séances et du passage à l’écrit.

Il est utile de veiller à ce que la synthèse constitue une rédaction personnelle de la part des élèves. Pour cela, L’enseignant est souvent revenu les accompagner et leur expliciter à nouveau les attendus et les tâches précisées dans la lettre de mission. L’enseignant est souvent revenu sur leur fiche méthode écrite, réalisée avec le professeur de français et documentaliste, leur expliquant les attendus dans un travail de synthèse.
Exemple : il souvent plus simple d’utiliser le présent de l’indicatif. De préciser la nature des phénomènes éruptifs et des produits émis tout en ajoutant une image pour illustrer le tout.

  • Classes sans numérique
    Les élèves ont mis plus de temps à trier les documents (pourtant ils étaient dans un dossier avec un titre aussi précis que les pages internet affichées dans l’autre groupe avec numérique). Et j’ai dû les aider pour trier, sélectionner archiver les bonnes informations.
  • Classes avec numérique
    L’enseignant distribue les tablettes (2 par groupe) et les élèves vont flasher un qr-code pour accéder à un padlet avec un ensemble de ressources sélectionnées pour le volcan à étudier.
    Les élèves étaient de suite à la recherche d’informations en cherchant les bons mots clefs dans la page numérique (avec la fonction recherche). Ils ont très vite compris le fonctionnement du padlet. Ils ont très bien compris le mode de classement. Et les vignettes affichées sur le padlet ont très vite aider les élèves a sélectionner le bon article.

 B. Analyse des résultats

Les 2 groupes (avec ou sans numérique) partent avec les mêmes types de ressources et avec le même dossier de départ.
La classe avec le numérique a été plus autonome face aux ressources proposées que la classe sans numérique. Cela vient du fait que sur la tablette il était plus facile pour eux de rechercher une définition en cliquant sur un lien que de chercher dans un livre.
Il y a très peu de différences entre les écrits des 2 groupes (voir les réalisations des élèves).
• Le groupe sans numérique à illustré ses propos en découpant les images des documents fournis.
• Le groupe avec numérique a eu moins de problèmes pour trier les sources d’informations et s’organiser. Le groupe sans numérique s’est vite retrouvé débordé par l’ensemble des feuilles. Ils ont eu du mal a trier et à ranger ces informations.

Résultats pour la classe numérique sur l’utilisation du padlet
Dans ce tableau il est possible de voir le nombre de vues réalisées sur le palet.

Nombre de visites {PNG}
Nombre de visites

Ces 2 classes se composent de 49 élèves ( 25 et 24 élèves). La plateforme a été ouverte 168 fois sur les 3 séances. Cela veut dire que sur l’ensemble des 3 séances chaque groupe a ouvert 16,8 fois la page « padlet » depuis chaque tablette ( 8,15 fois pour la classe 1 et 8,65 fois pour la classe 2). [1]

Nous voyons clairement que le plus grand nombre de visites s’est effectué sur la première séance au moment où les élèves doivent prendre connaissance de tous les documents. Alors que nous aurions pu attendre à un pic encore plus important lors de la 2ème séance. Il s’avère que le nombre de visite sur le padlet est 2 fois moins important que pour la séance 1. En réalité les élèves savaient déjà quelles pages ils avaient besoin pour travailler et ils sont allés directement ouvrir les pages dont ils avaient besoin. Et cela se confirme lors de la 3ème séance où le nombre de visite est divisé par 3 ou 4.

Entre le 22 et 29 janvier (cadre "1" en bleu) les élèves ont dû se rendre depuis un autre poste (CDI, vie scolaire, ou chez eux) pour visiter le site « padlet ». Cela représente 17 visites sur un total de 49 élèves soit 35% des élèves des 2 classes.

Résultats du QCM sur l’évaluation de la compréhension des élèves.

Un questionnaire a été proposé aux élèves depuis la plateforme « pronote » de notre établissement.

QCM format PDF - 57.2 ko

Les classes 1 et 2 sont les classes avec le numérique et 3 et 4 sans numérique.

Résultats du QCM sur l'évaluation de la compréhension des élèves. {PNG}
Résultats du QCM sur l’évaluation de la compréhension des élèves.
Résultat du QCM sur la compréhension des élèves (pourcentage de bonnes réponses) {PNG}
Résultat du QCM sur la compréhension des élèves (pourcentage de bonnes réponses)

Nous voyons que l’écart des résultats entre les 2 groupes (avec ou sans numérique) n’est pas flagrant.

 C. CONCLUSION

Il n’y a pas réellement de différence notable dans les résultats des élèves. Pour autant les élèves étaient plus autonomes à l’aide du numérique. Et pour le professeur il y a un gain de temps notable dans l’agrégation des ressources à rendre disponible auprès des élèves.

Les élèves ont apprécié les documents multimédias (vidéos, cartes interactives). Ils pouvaient mettre en pause, agrandir, revenir en arrière tout en gardant le document d’origine intact. Les classes sans numérique se sont vite retrouvés un amas de documents découpés et surlignés qu’il fallait bien trier ou archiver (l’enseignant est souvent revenu les aider pour organier leurs idées).

La réelle plus-value du numérique :

• Pour le professeur : une facilité dans la mise en place des ressources.
• Pour les élèves : l’accès à des ressources classées et interconnectées, de qualité, mobilisables à souhait sans déstructuration. Cela provient peut être de leur habitude et leur attirance à lire plus facilement des documents depuis une plateforme numérique et non sur un livre.

 IV. CONTRIBUTIONS au sein du CYCLE

Les repères de progressivité́ font référence à la construction de la compétence tout au long du cycle 4.
Le scenario pédagogique est ainsi transférable au sein du cycle 4 en le contextualisant selon les sujets explorés :
• Phénomènes géologiques (séismes),
• Phénomènes climatiques et météorologiques,
• Phénomènes liés à l’activité Humaine.

La compétence acquise peut être ainsi mobilisée chaque année dans une approche spiralaire afin de parvenir aux attendus de fin de cycle 4.
Ce scénario peut aussi s’imbriquer dans d’autres disciplines (interdisciplinarité). Comme dans l’enseignement moral et civique (EMC) dans le thème : « L’engagement : agir individuellement et collectivement ». Où il est possible de valider en fin cycle des attendus ou connaissances qui suivent :
• « Prendre en charge des aspects de la vie collective et de l’environnement et développer une conscience citoyenne, sociale et écologique »
• « Expliquer le lien entre l’engagement et la responsabilité́ ». « Les responsabilités individuelles et collectives face aux risques majeurs ».

En géographie, dans le thème 3 « prévenir les risques, s’adapter au changement global ». Il est aussi possible d’aborder de manière interdisciplinaire en abordant « le changement global et ses principaux effets géographiques régionaux. Prévenir les risques industriel et technologique. »

Mise à jour : 25 juin 2018