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Sommaire

LYCÉE- Niveau seconde

Compréhension des enjeux d’une activité pratique

Protocole expérimenté sur une séance intégrant des manipulations en janvier 2018.

Observation d’une situation de classe qui amène un enseignant à différencier :

Un nombre non-négligeable d’élèves se lancent dans une tâche, alors qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils font, sans solliciter le professeur
Certains élèves ne savent pas comment mobiliser certaines connaissances/ compétences nécessaires à la compréhension de la tâche demandée.

     SCÉNARIO EXPÉRIMENTAL- LYCÉE- Niveau seconde

Date du scénario

Protocole expérimenté sur une séance intégrant des manipulations en janvier 2018

Observation d’une situation de classe qui amène un enseignant à différencier

Un nombre non-négligeable d’élèves se lancent dans une tâche, alors qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils font, sans solliciter le professeur
Certains élèves ne savent pas comment mobiliser certaines connaissances/ compétences nécessaires à la compréhension de la tâche demandée.

identification des situations de différenciation

La présentation d’une séquence pédagogique en début de séance met en échec un certain nombre d’élèves qui n’ont pas bien suivi ou ont été bloqués par l’absence de pré-requis.

Compétences à différencier et leur place dans la progression

Mettre au point une stratégie de résolution de problème. Valider ou invalider une hypothèse, des résultats d’expériences*, identifier et choisir les notions utiles à la démarche scientifique.
Toutes séances de seconde qui se prêtent à l’étape A des ECE : concernant des réflexions et démarches d’investigations demandées, qui nécessitent, à l’image des nouveaux ECE, que les élèves élaborent une stratégie. (exemple : la définition du sol)

Protocole

Modalité : 2 classes :

Classe de seconde 6 : classe expérimentale (avec identification d’une belle hétérogénéité avec des élèves en difficulté et d’autres très actifs).
Test : décalage de la séquence pédagogique sur deux séances.

 &

Classe de seconde 7 : classe témoin. Niveau plutôt bon, sans problème de discipline.
Témoin : idem sans le numérique.
Cette différence de niveau entre les deux classes peut à priori poser problème dans l’évaluation du dispositif. Nous faisons l’hypothèse que le protocole mis en place permettra de combler l’écart entre les deux classes.

Séance Différenciation

Classe expérimentale avec numérique

Nous nous proposons de déplacer l’entrée dans l’activité à la fin de la séance précédente. La compréhension de la stratégie pourra être évaluée en toute fin de cette séance soit par l’observation directe des élèves soit par un sondage instantané type Plickers. Le résultat permettra de proposer une aide particulière à certains élèves pendant la semaine entre les deux séances. Ces aides seront distribuées sous forme numérique via l’ENT.
La différenciation est donc vécue par les élèves entre les deux séances.
Problème : on teste le travail dans le temps…

Classe témoin sans numérique

On propose de la Différenciation personnalisée classique, par le biais du temps : mais l’enseignant n’a pas anticipé, ni repéré les difficultés ou identifié les élèves n’ayant rien compris =>car pas de Suivi numérique.

Evaluation de l’apport du numérique dans la différenciation

Nous avons imaginé deux modalités d’évaluation :
Une évaluation d’une présentation de la stratégie retenue, à l’oral, d’un élève, face à un petit groupe et l’enseignant. Ce moment peut prendre place pour les deux groupes classes avant la mise en œuvre pratique de la séquence.

  • Évaluation seul (papier)
  • Essai au début du TP : les élèves se réunissent après avoir écrit sur un papier seul, et échangent à propos du TP : que vont-ils faire… ?

Evaluation de l’activité elle-même

Ramassage des productions (collaboratives) => elles ont été faites sur ordi, pour un groupe de 4, de façon mosaïque.

Elles auraient pu être faites de façon collégiale avec un outil, tel Framapad (PAD sur l’espace numérique de travail des lycées de Picardie, Léo)

Synopsis :

Un nombre non-négligeable d’élèves se lancent dans une tâche, alors qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils font, sans solliciter le professeur. Certains élèves ne savent pas comment mobiliser certaines connaissances/ compétences nécessaires à la compréhension de la tâche demandée.

Pour aider les élèves dans cette problématique, j’ai opté pour la démarche suivante : présenter une séquence pédagogique en fin de séance, puis identifier, par le biais d’outils numériques permettant un sondage interactif rapide, tels Plickers, les raisons pour lesquelles les élèves n’ont pas compris. L’objectif étant de remédier rapidement, soit entre les cours, soit durant le cours suivant.

En lycée, nous avons un ENT très fonctionnel et majoritairement utilisé par les élèves. Le niveau choisi est le niveau seconde.

Dans le scénario proposé, les élèves ont travaillé en fin de séance sur la problématique suivante : Qu’est-ce que le sol ? Étape introductive de ce chapitre des enjeux planétaires contemporains, le sol. Ils se sont mis par groupe de 4, sur 4 postes différents permettant à chacun de découvrir une partie de la réponse à ce problème.

Le poste 1 permettait aux élèves de chercher à comprendre l’organisation d’un sol, sa place exacte dans l’environnement et le temps qu’il a mis à se former.

Le poste 2 permettait de vérifier que le sol est formé en partie à partir de la dégradation des roches du sous-sol, les élèves devaient recenser les différents facteurs qui interviennent dans cette dégradation.

Le poste 3 permettait de vérifier que le sol dont on dispose contient des êtres vivants, nombreux et divers, ayant un rôle important dans la formation du sol, attestant ainsi de sa « bonne santé ».

Le poste 4 permettait de vérifier que la matière minérale appelée humus, d’origine organique, joue un rôle indispensable à la croissance des végétaux.

 

  Discussion

 A. Ressentis du professeur sur le déroulement des séances de TraAM.

Les élèves de seconde sont entrés dans l’activité proposée dans le temps de la classe  :

La classe sans numérique, a fait l’activité, globalement, le travail s’est passé correctement, j’ai apporté des aides immédiates et les élèves se sont lancés sans se poser autant de questions. Il n’y a pas eu de pression, ils avaient les réponses dès qu’ils en avaient besoin. Je choisis de ne pas prendre cette classe, trop différente pour témoin.

La classe avec aide numérique :

    • Les élèves se sont prêtés volontiers à l’exercice Plickers pour tester leur compréhension du sujet en fin de présentation et de prise de connaissance du sujet.
    • Les élèves se sont de nouveau prêtés à l’exercice (papier) de réflexion en début d’heure pour voir ce qu’ils avaient compris (avec ou sans aide numérique)
    • Les élèves ont été peu nombreux à se renseigner via l’ENT entre les deux séances.

Les élèves qui auraient eu besoin d ‘aide, qui ont été sollicités via l’ENT et qui ne se sont pas connectés : sont devenus mes élèves témoins. (sans numérique)

Le gros problème rencontré en seconde : certains élèves ne se connectent pas en dehors des heures de cours,
pour plusieurs raisons :

      • par manque d’intérêt,
      • Parce qu’ils n’ont pas activé leur code,
      • Par absence de matériel ou par incompatibilité pour se connecter en dehors du lycée
      • & par conséquent, par absence de temps pour se connecter dans leurs heures de liberté sur le site scolaire) : on parlera de fracture numérique.

Transporter le travail hors de la classe engendre des soucis. On est confronté à deux problèmes : notamment celui de l’investissement et de la fracture numérique.

Résultat global de l’expérimentation :

  • Sur 35 élèves, seuls deux élèves en difficultés se sont vraiment connectés en me le confirmant par une seconde question (alors que la moitié de la classe (soit 17 élèves) se trouvait en difficulté)
        • Parmi eux, 3 à 4 élèves n’ont pas joué le jeu

        => Conséquence  : Lors du TP : ils se sont trouvés face à l’activité sans aide. De nombreux élèves m’ont sollicités en même temps et ont pu recevoir un à un, des aides numériques ponctuelles… (anticipées par le diagnostic Plickers.)

        • Les élèves aidés s’en sont sortis seuls et ont aidé leur groupe

        => J’en déduis que les aides numériques aident à la différenciation.

Bilan : Le numérique est un bon outil de différenciation si :

  • Les aides numériques sont données en classe, au démarrage de la séance.
  • Les élèves sont habitués à travailler ainsi, un apprentissage est nécessaire au préalable… => les motiver en ce sens.

 

 B. Analyse précise des résultats

1. Résultats : du Plickers :

 Voici les résultats de la première question globale :

Les résultats du "plickers" format PDF - 561.4 ko
Résultats {PNG}
Résultats

Sur une classe de 34,
9+2 indiquent ne pas
avoir compris.

Pour ces 9 élèves, des aides ont été apportées via la messagerie de l’ENT.

Aide donnée aux 9 élèves affirmant n’avoir pas compris la commande format PDF - 438.9 ko

Parmi ces 9 élèves, 4+3 étaient chacun dans un même groupe et n’ont pas compris la commande en répondant à la seconde question, celle précisément sur la fiche d’activité étudiée (ici respectivement fiche 1 et 4).

Mail précis à l’un des groupes, n’ayant pas compris respectivement la commande de l’activité fiche sujet 1 et 4 format PDF - 396.5 ko


Ils ont reçu un mail plus précis afin qu’ils puissent comprendre la commande précise de la fiche .

On peut se demander si les élèves ont été sincères, ils ont lu et ont cherché la réponse la plus juste et non la réponse qui correspondait à leur point de vue… Du coup, Plickers est un moyen intéressant mais il faut l’utiliser en donnant la possibilité aux élèves de s’exprimer de façon ouverte et non de les enfermer dans des réponses toutes prêtes, trop fermées .

Plickers et ses contraintes format Word - 15.1 ko

2. Résultats des évaluations papiers, afin de vérifier si la stratégie est comprise  , comparés aux résultats de l’évaluation finale .

Les évaluations, individuelle puis collégiale, au format papier des secondes, en début de TP format PDF - 358.3 ko
Évaluation finale sur le sujet dans l’heure suivante format PDF - 580.5 ko

    Pour ceux qui ont été aidés :

    • Pour le groupe sujet 1 , les élèves ont eu une réponse favorable à leur évaluation papier…mais ont eu faux à l’évaluation finale concernant la question se rapprochant du sujet 1.
      Fiche sujet 1 TP Mosaïque format Word - 1.8 Mo
      Le sol : sa place entre atmosphère et lithosphère
      Fiche sujet 2 TP Mosaïque format Word - 1 Mo
      Le sol : son origine minérale
      Fiche sujet 3 TP Mosaïque format Word - 905.5 ko
      Le sol est vivant !
      Fiche sujet 4 TP Mosaïque format Word - 440.7 ko
      Le sol : indispensable à la croissance des végétaux

      Plusieurs hypothèses se dégagent :
      - ils n’ont pas compris la question Plickers
      - Ils n’ont pas compris le TP
      - Ils n’ont pas appris leur leçon.

    • Pour le groupe sujet 4 ,
      • 1 seul élève à confirmer sa connexion. Il a eu besoin d’une aide intermédiaire et personnelle et a réussi ! (il a visionné le clip vidéo d’aide) mais n’a pas totalement compris la raison de l’expérience.
      • Par contre, 3 élèves, qui en auraient certainement eu besoin au vu de leur difficulté, n’ont pas réussi l’évaluation papier. Ils n’ont donc pas compris la commande. On peut se demander s’ils se sont connectés en les comparant au premier élève aidé.
    • L’un d’entre eux a globalement compris, mais est resté peu précis.

    Bilan de l’évaluation finale pour les élèves aidés : ils ont tous eu juste à la question portant sur leur fiche.

 

    Pour ceux qui déclaraient ne rien avoir compris et qui ont reçu un message global ou personnalisé :

    • Sur les 12, 3 n’ont pas compris la démarche.

    Ces 3 élèves attestent ne pas s’être connectés, soit par manque de motivation, soit par défaut de connexion à la maison.
    Ces 3 élèves deviennent les témoins de l’expérimentation.

     

    • Pour ceux qui n’ont pas eu besoin d’aide (22 élèves) : tout était compris selon eux.
    • Les résultats de l’évaluation papier restent fidèles à leur pronostic :

    Pour 20 d’entres eux, le résultat papier est concluant et le bilan final aussi.
    Parmi eux, 2 élèves non aidés, n’ont pas réussi : Ces 2 élèves deviennent aussi des témoins non aidés.

    Globalement peu d’élèves ont compris la question 3 de l’évaluation finale, on peut en conclure que :

    • la question était mal posée,
    • la notion de « chimie » abordée n’a pas été comprise ( : les élèves ont échangé et ont coché la proposition inverse sur Plickers )

    => Je choisis de ne pas comptabiliser cette question.
    => Cela vient une fois de plus renchérir sur le fait que les questions posées sur Plickers doivent être précises, limpides et concises.

 

3. Résultats du TP :

Les élèves devaient rendre un paragraphe commun répondant au problème.

  • Aidés ou pas, les résultats sont globalement satisfaisants et répondent aux exigences demandées.
        • Les élèves aidés et ceux qui avaient compris ont pu expliquer aux autres durant la phase 1.
    • Durant la phase 2 de ce TP mosaïque, tous les élèves étaient acteurs dans la rédaction du compte-rendu et ont compris l’idée générale du TP.

Un bémol pour les 5 élèves qui n’ont pas compris, au moment de rédiger, il a fallu que j’intervienne pour réguler le travail du groupe et expliquer à leur place.
À ce sujet, les élèves ont globalement réussi leur évaluation finale.

 C. Conclusion :

Globalement le résultat est positif, les élèves aidés ont mieux réussi que ceux qui n’ont pas pris l’aide ou qui ne l’ont pas demandé. Cependant, on ressent un avis général négatif quand il s’agit de se connecter à la maison, l’annonce de devoir supplémentaire…

Pour cela, un apprentissage des outils numériques doit se faire progressivement avec la classe et en classe afin de leur montrer les avantages que ceux–ci leur apportent, tant dans le cadre d’un travail personnel, qu’un travail commun.
Cela motivera et habituera les élèves.
Il est donc nécessaire de commencer à utiliser de tels outils, en classe, pour différencier, soit avant le lycée, dés le début du collège. Notons que les parents, qui ont souvent un regard sur les ENT, pourraient appuyer la démarche de personnalisation motivée par l’enseignant.
C’est après que les élèves habitués pourront aisément l’utiliser comme outil de différenciation en dehors de la classe.

Remarque 1 : concernant les outils d’écriture collaborative.
Le compte rendu demandé s’est fait de manière collaborative, autour d’un poste informatique, pour chaque groupe d’élèves.
Ce compte rendu aurait pu se réaliser avec des applications permettant de réaliser de l’écriture collaborative : (type PAD / FRAMAPAD)
Cette expérience de rédaction collaborative a été menée en cours, avec la même classe, sur une autre activité :
-sur un groupe de grande taille, ils ne jouent pas le jeu, ce sont toujours les mêmes qui s’investissent…les autres attendent que le texte réponse soit rédigé par les autres élèves.

  • Il faudrait que chacun soit connecté de façon individuelle sur un ordinateur ou une tablette.

Par contre, c’est un travail que les élèves peuvent faire dans le cadre d’une recherche commune à rendre en binôme quand ils doivent collaborer à distance : je confirme que cela est productif dans le cadre de démarche de projet.

Mise à jour : 20 juin 2018