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Sciences de la Vie et de la Terre

Sommaire

Circuit Thanétien

Le circuit proposé permet de se faire une idée des variations paléogéographiques d’un étage du paléocène, le Thanétien. La comparaison des sites conduit à proposer une répartition verticale des formations rencontrées

  Localisation du circuit :

 Itinéraire :

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Le projet qui est décrit table sur un parcours de 90 km, soit environ deux heures de routes sans compter les arrêts.


  La visite virtuelle

Les stations à visiter ne correspondent pas à l’ordre chronologique des dépôts sédimentaires

1e arrêt : le cordon de Crèvecœur le Grand

Panorama : entre Crèvecœur le Grand et Hétomesnil, la surface crayeuse est barrée par un relief couvert de forêt. Il s’agit d’un ancien cordon de galet. Il est possible de garer un car sur un parking aménagé sur la droite de la route avant le sommet de la côte.

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Des galets centimétriques sont mélangés à du sable soulignent la régression du Thanétien. Ces galets forment des pouliers (Crèvecœur, Le Gallet). La nature lithologique ne varie pas ; il s’agit de silex. Ceci indique qu’une falaise de craie devait être érodée sur une partie de la côte. La petite taille des galets prouve que cette érosion de la falaise, telle qu’on peut encore l’observer sur la côte picarde, se situait assez loin de ce lieu. La hauteur du cordon, d’une dizaine de mètres, est comparable à celle que l’on peut observer actuellement dans les environs de Cayeux sur Mer.
La forte teneur en sable de ce cordon laisse penser qu’il s’agit de la base. La teneur en sable du cordon de Cayeux varie de 10% à la base jusqu’à 50% à la base.

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La superposition des galets directement sur la craie pourrait faire croire à une formation transgressive, d’autant plus qu’il n’existe pas de formation antérieure visible à cet endroit. Cette position n’est pas tenable dans la mesure où des formations plus anciennes se retrouvent en arrière de ce cordon de galets. Il est possible de suivre sur une carte ou une photographie aérienne le développement de ce cordon marqué par la présence de la forêt.
Il existe plusieurs cordons de ce type mais moins bien que celui de Crèvecœur le Grand, celui qui a mis en place les poudingues de Coye la Forêt au sud du département et un autre cordon moins bien conservé que celui qui a été décrit, passant par Grandvilliers, Moliens et Blargies.

2ème arrêt : le grès fossilifère de Gannes

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Il est possible de se garer près de l’ancien château. Il faut emprunter ensuite à pied un chemin qui longe à droite le mur du château. Après quelques lacets, ce chemin conduit à un massif boisé exploité autrefois pour son grès. Dans le fond de l’exploitation située dans la partie sud, il est possible de voir l’affleurement dans sa totalité.

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Cette succession de couches peut s’interpréter de la façon suivante. La strate inférieure à sable fin, régulier et azoïque peut être interprétée comme un dépôt dunaire.
La strate qui surmonte cette première formation et comportant des moules d’animaux marins prouve que le niveau de la mer a monté. Cette interprétation se confirme si on considère le joint de stratification plan. Ce contact prouve une érosion préalable au dépôt des sables à mollusques.
La couche à moules de mollusques passe insensiblement à une formation azoïque gréseuse. Les grains qui composent cette roche sont de même granulométrie que ceux de la base. Ceci indique que la zone infralittorale ou médiolittorale correspondant au niveau coquiller a été recouvert par des sables dunaires.

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Le grès dont l’origine traduit un phénomène de pédogenèse, matérialise le retrait de la mer. Grès de Gannes et cordon de galet de Crèvecœur le Grand représentent deux faciès différent d’un même phénomène, celui de la régression de la mer thanétienne.

3ème arrêt : le calcaire de Mortemer à Breuil le Sec

Bien que les fossiles de ce niveau soient très intéressants, ils sont très difficiles à trouver. Il convient de se munir de la carte géologique de Clermont pour repérer les endroits où les échantillons peuvent être récoltés.
Le car étant stationné dans un des endroits choisis à partir de la carte, il faut rechercher le long des chemins bordant les champs, des plaques à aspect plus ou moins spongieux qui correspondent au calcaire de Mortemer. Dans ce niveau, Il ne s’agit pas véritablement d’un calcaire mais d’une roche essentiellement siliceuse et rappelant la meulière. Les empreintes de fossiles sont très variables. Le plus souvent, l’emplacement des folioles se trouvent conservé, donnant une structure lamellaire à la roche. Parfois, la roche a moulé le départ des pétioles (exemple de la photo). Dans des cas beaucoup plus rares, c’est l’empreinte même des vaisseaux irrigant la feuille qui est conservée.

Stratigraphiquement parlant, ces formations attribuées au Thanétien supérieur. Leur formation semble contemporaine des dépôts côtiers de l’ensemble du Thanétien. On peut imaginer des lacs en bordure du littoral comme cela existe actuellement dans les Landes.

4e arrêt : les sables de Bracheux à Nointel

En entrant dans Nointel, la direction du cimetière est à repérer. Le demi-tour pour les cars n’est pas facile.
Prendre le chemin qui va vers la butte puis obliquer vers la droite dans le chemin qui la contourne. Repérer l’extraction de sable qui existe à l’est de la colline. C’est le sable de Bracheux, formation la plus importante de l’étage.
On découvre également dans ce sable à caractère dunaire des filons d’argile aphytique, vraisemblablement témoignage de chenaux où des éléments plus fins se déposaient à la faveur d’une moins grande agitation de la mer. La présence d’éléments vaseux et dunaire peut s’expliquer par en envasement de dunes progressivement gagnées par la mer.
Pour retourner au car, il est possible de monter sur la colline. On découvre l’étage supérieure, l’yprésien inférieur, peu épais et non observable directement. Seul le changement de végétation indique la présence d’un niveau plus humide.

5e arrêt : le Thanétien inférieur de la colline de Bourguillemont

Reprenant la route de Beauvais, on prend la direction de Therdonne juste avant d’arriver à Beauvais. La direction à suivre est celle de Mouy pour se garer en sommet de côte à la hauteur d’une ancienne carrière. Celle-ci montre de bas en haut : les sables de Bracheux bien stratifiés, les formations de l’Yprésien inférieur. L’argile correspond à ce niveau a été exploité jadis de l’autre côté de la colline. Autrefois, le sommet de la carrière laissait apparaître le sable cuisien.

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Descendre ensuite la route qui mène vers Rochy Condé. Un chemi s’engage à gauche dans les champs. . Le limon contient à cet endroit des silex dits scoriacés. Ils sont verdis par de la glauconie qui les recouvre en couche plus ou moins épaisse. Ces silex présentent donc, soit une simple patine verte, soit qu’ils prennent un aspect spongieux vert franc. La présence de telles roches autorise la datation de la formation. Le silex érodé permet d’attribuer un âge post Crétacé à cette formation. Leur place dans un niveau inférieur à celui du sable de Bracheux indique une formation antérieure à la mise en place de ces sables.

Cette partie plane correspond à la surface d’érosion de la craie au Thanétien inférieur avec des résidus de la base de cet étage

6e arrêt : la terrasse alluviale de Warluis

En voiture particulière, il est possible de continuer la route vers Rochy Condé pour traverser cette localité puis prendre la route qui rejoint la R.N.1 à Warluis.
En autocar, il est plus prudent de reprendre la route de paris après être revenu vers Beauvais. Prenant la R.N.1, on tourne à gauche au feu rouge de Warluis puis une deuxième fois à gauche au premier croisement. Laissant le car au niveau du giratoire, il faut continuer à pied dans le chemin qui débute en route goudronnée vers la gauche. On arrive à une ancienne carrière abandonnée et transformée en stand de tir. Il faut se contenter d’un panorama qui montre les sables de Bracheux couronnée par une terrasse alluviale. Cette superposition prouve que les buttes témoin que longeait la route de Clermont sont le fait d’une érosion quaternaire et non post-Thanétienne.

Synthèse :

L’ensemble des arrêts permet de se faire une idée des conditions paléogéographiques qui expliquent l’organisation des différents dépôts. Les galets de silex verdis de Therdonne conduisent à admettre une transgression calme mais de grande ampleur conduisant à un phénomène d’upwelling. Le climat chaud que semble requérir ce mécanisme est corroboré par la présence de palmiers.
Les sédiments reflètent une énergie de dépôt relativement faible, mais à apports uniquement détritiques. Il n’existe aucune formation organogène.
La regression semble plus rapide avec la mise en place d’une falaise d’où ont été arraché des silex à l’origine des cordons.


  Géologie :

Le Thanétien dans le département de l’Oise(André Lavarde)

Le Thanétien affleure dans toute l’Oise, mais de façon fragmentaire
et selon des faciès très variés. Les dépôts marins recouvrent la plus grande surface
alors que les dépôts continentaux se limitent au sud-est du département. Ces différences
lithologiques s’expliquent par la paléogéographie. Au Thanétien, la
mer forme un large golfe qui se termine par des zones lagunaires vers le sud-est.

La série débute par un dépôt de silex scoriacés. Ces silex,
généralement detaille centimétrique,sont recouverts d’un enduit poreux de glauconie.
On en rencontre facilement en surface à côté de Beauvais, à la base de la butte
de Bourguillemont.

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D’après Pomerol.

La roche la plus présente reste le sable quartzeux qui affleure
depuis Gannes jusqu’à Clermont de l’Oise. Les grains possèdent les caractéristiques
du sable dunaire littoral. On rencontre parfois quelques galets d’aspect grande
taille (galets de tempête). Ceux-ci sont souvent remaniés dans les limons superficiels
quaternaires.

Des cordons de galets mélangés de sable soulignent la régression
du Thanétien. Ces galets forment des pouliers (Crèvecœur, Le Gallet). Près de
Chantilly (Coye-la-Forêt) les éléments sont soudés en poudingue. A
la limite entre le calcaire de Clairoix (près de Compiègne) et le sable de Bracheux
(région de Breuil-le-Vert), la formation renferme des plaquettes gréseuses riches
en empreintes de palmier.

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 Cliché A.Lavarde

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Mise à jour : 7 février 2017